La Page Blanche

#jaimemonlibraire

Bonjour,

Il y a eu quelques suites après la lettre de Mélanie, quelques médias ont eu la bonne idée de la relayer. Pour ma part, je me sens aussi concernée par cet événement de la nomination d’un livre autoédité via la plateforme Amazon à un prix littéraire. Ce n’est pas sur le fait de l’autoédition, et si on ne parlait pas d’un auteur déjà édité à compte d’éditeur pour de précédents textes, on pourrait même y voir là une reconnaissance des auteurs qui n’ont pas trouvé grâce aux yeux d’un comité de lecture mais qui méritent d’être lus. L’autoédition pour la majorité, d’ailleurs, n’est même pas l’aveu d’un échec d’une édition traditionnelle mais un choix stratégique, marketing et/ou personnel.

L’auteur représente évidemment le point de départ de tout mais quand il y a un prix, c’est aussi l’éditeur qu’on met en lumière. Alors que dire quand «  »l’éditeur » » est en fait du compte d’auteur via Amazon ? Amazon qui met en péril le réseau de librairies indépendantes dont tout le monde se vante mais qui est sérieusement en danger ? Amazon qui se targue d’aller au-delà de la librairie physique, et en rouvre aux USA après avoir écrasé ses concurrents ? Amazon qui fait sa loi auprès des éditeurs dans les pays où il est devenu le plus gros réseau de distribution des ouvrages ? Amazon n’est pas le trait d’union entre les auteurs et les lecteurs, car quand il ne restera qu’eux et que vous, auteur·e inconnu·e ne serez pas dans son algorithme de suggestions, personne ne vous découvrira. Personne n’échangera avec vous en dédicace. Personne ne mettra de notule sur votre livre…

 

 

Outre cela, l’auteur a réagi à la lettre de Mme le Saux-glaymann en prouvant qu’il n’avait pas compris cette lettre. Ni le pourquoi, ni le comment… Et il a même eu l’occasion de s’exprimer au sujet de l’autoédition avec un mépris même pas dissimulé pour les plateformes d’éditions dont les noms ne trouvent pas grâce à ses yeux. Rappelons donc que : Être auto édité c’est un choix pour beaucoup. Ce monsieur n’accepte manifestement pas d’être sorti de l’édition traditionnelle (à compte d’editeur) et veut donner l’illusion que c’est toujours le cas (avec son nom Galligrassud… Mais désolée, vous êtes tout de même en autoédition, quel que soit le nom fictif que vous donnez à votre éditeur fictif). Galligrassud ? De la poudre aux yeux. Son livre qui n’a pas passé le comité de lecture des éditeurs est le même que s’il était publié chez edilivre ou lulu. Ce nom farfelu qu’il donne ne lui confère aucune légitimité supplémentaire par rapport à tout autre auteur auto édité.

Enfin, je l’ai déjà dit mais je le redis. Cela m’attriste profondément qu’il y ait mobilisation derrière les auteurs et que les libraires ne soient considérés que comme la gangrène de la chaîne du livre, cet acteur pété de thunes qui mange cette grosse part de camembert que l’on voit revenir souvent. Donc, non, les libraires ne se font pas 35% à 40% sur le prix du livre (surtout qu’en plus de leur misérable remise, ils font souvent les 5% de remises aux particuliers, ils font 9% aux collectivités et établissements scolaires sur le non-scolaire, paient la Sofia, font une remise indécente sur le scolaire). Il se fait plutôt dans les 32% de remise de la part de l’éditeur (quand ce n’est pas Amazon, humph humph), il paie un bail commercial dont le montant cause souvent sa perte, le transport (coucou les offices sauvages dont il faut payer le retour), son personnel, son mobilier, il doit avancer son stock, et accessoirement, il essaie de se payer un salaire. Le libraire n’est pas un gras personnage qui vit sur le dos des autres.

J’aimerais vraiment que, à l’image de la mobilisation qu’il y a eu derrière les auteurs, on essaie aussi de se poser et de réfléchir à ce que ressemblerait le paysage littéraire sans les libraires. Et qu’on montre un peu de soutien envers ces prescripteurs courageux et passionnés… Essayez un peu de sauver ce qu’on a appelé à un moment donné l’exception culturelle Française…

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3 réflexions au sujet de “#jaimemonlibraire”

  1. Si seulement les gens lisait correctement. Cela tourne à la bataille libraire /autoedites parce que l’auteur en question et Besson se cache derrière puisqu’ils n’assument même pas. Heureusement certains comprennent quand même et le jury fait profil bas pour l’instant… À suivre 😉

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  2. L’autoédition, c’est un choix que les libraires respectent. J’ai déjà commandé des livres autoédités -quand j’étais libraire- et l’auteur te laisse une marge, comme un éditeur, et tu commandes le livre, tu le vends et voilà. Tu as travaillé, pas pour une marge nulle ni à perte, l’auteur a vendu son ouvrage, tout va bien. Mettre Amazon et les autoédités sur la même marche, c’est franchement tiré par les cheveux

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